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Musée du souvenir, Batailles de la Meuse, Mai 1940 à Haut-le-Wastia.

La mémoire d’un village

Longtemps les sacrifices des soldats français de 1940 sont restés inconnus, étouffés par la censure inconsciente d’une France profondément blessée par une défaite écrasante. A côté des anciens combattants de la Grande Guerre, des résistants à l’occupant et des Forces Françaises Libres, il y avait peu de place pour ceux de 40.
 
Haut-le-Wastia (Anhée) est certainement une exception à cette situation. Théâtre de violents combats pendant 3 jours, le village subira pourtant de lourds dégâts. Le rassemblement et l’inhumation des soldats tués dans les combats prendront plusieurs mois. Les Allemands seront provisoirement enterrés en deux endroits, notamment à proximité du cimetière du village. Face à lui, de l’autre côté du vallon, un autre lieu accueillera les victimes françaises. Chaque tombe française sera entretenue par une marraine, habitante du village.
 
Dans l’après-guerre, des Français reviennents sur les lieux où ils ont combattu. Des amitiés avec les habitants se nouent progressivement ; à tel point que dans les années 60, un comité du souvenir se crée à Haut-le-Wastia. Il est décidé d’ériger un mémorial à l’endroit où est tombé le capitaine Fockedey du 129e RI. Le monument, construit gratuitement par 7 maçons de Haut-le-Wastia, est inauguré le 12 juillet 1970 en présence de nombreuses autorités civiles et militaires, belges et françaises, de vétérans, de familles françaises et des habitants du village. A noter qu’une plaque en mémoire du lieutenant Riss, pilote français dont le chasseur dut se poser le 13 mai à Haut-le-Wastia, sera apposée en mai 2011. Invitée par les anciens du 129e RI, une délégation de Haut-le-Wastia a même l’honneur en 2002, de raviver la flamme du soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe à Paris.
Après quelques expositions temporaires consacrées à mai 40, vient l’idée de créer un musée permanent. Il faut cependant attendre 2002 pour que les volontés s’unissent dans l’asbl Musée du Souvenir, Batailles de la Meuse, mai 1940.
La commune mettra à disposition, après rénovation, une aile du bâtiment de l’école communale. Enfin en mai 2003, en présence de 22 vétérans, le Musée du Souvenir ouvre ses portes. L’équipe de bénévoles compte une cinquantaine de membres issus du village, de la commune et de la région mais également de bien plus loin pour certains (France!). Ils se chargent de l’entretien et de la gestion du musée et assurent les permanences et les visites guidées. En coulisses, les plus « mordus » tentent d’améliorer les collections par leurs recherches mais aussi par la mise en valeur des pièces présentées : travaux de peintures ou d’éclairage, construction de décors et de mannequins pour présenter les uniformes, vitrines, modèles réduits, prise de photos et même réalisation de montages audio-visuels… (travail soutenu par les services de la Commune d’Anhée). Les salles présentent aux visiteurs des cartes, des photos souvent uniques, de l’armement et des uniformes avec de nombreuses explications. Des scènes grandeur nature et des films montrent le cadre des combats et les conditions de vie des différents soldats. Un plan en relief du champ de bataille (6 m²) permet aux visiteurs de visualiser les difficultés du terrain et de localiser les différentes actions.
 

Les collections sont en évolution permanente. Principalement constituées au début de photos et d’objets donnés par les habitants ou les vétérans, elles continuent de s’enrichir par des dons. Il n’est pas rare qu’un visiteur apporte une lettre de prisonnier, une pièce d’uniforme, un fusil ou même une pièce de char provenant de Flavion… Les acquisitions du musée et les dépôts d’objets par des particuliers ou encore le Musée Royal de l’Armée permettent d’élargir les collections. Dans ce domaine, le large réseau de connaissance tissé avec le temps est sans conteste un atout majeur.

Les bénévoles du musée maintiennent les relations avec la France : longtemps points de contact des vétérans , c’est aujourd’hui avec les familles que les échangent se poursuivent. De surcroît, le musée se charge depuis plusieurs années des cérémonies commémoratives du mois de mai (tous les 5 ans). Le musée et certains de ses bénévoles sont devenus au fil du temps des références pour les passionnés d’histoire militaire et les chercheurs. Ils organisent aussi des tours commentés du champ de bataille.
A côté du musée, il faut aussi souligner les nombreux autres lieux de mémoire situés sur le territoire d’Anhée : monument Dewispelaere à proximité du pont sur la Meuse, plaque commémorative du 39e RI à Grange, monument du 129e RI aux cimetière de Warnant, Monument Marescot, monument aux tankistes français et tombe du capitaine Lehoux à Denée et le soldat français de la Halte de Moulins.
Rafraîchi et enrichi chaque année, le Musée du Souvenir connaît ainsi une évolution permanente. Toujours fidèle aux souvenirs des vétérans, les membres de l’asbl ont à cœur de préserver la mémoire de ces combattants longtemps oubliés par l’histoire.

Musée du Souvenir


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Rommel’s crossing by WW2 Nation – Battle Tour with the support of the Musée du Souvenir

 

Partenaire du réseau Belgium Battlefield of Europe
Partenaire du réseau Belgium, Battlefield of Europe

Au fil des siècles, des centaines de petites batailles et de grands conflits se sont déroulés sur le territoire de l’actuelle Belgique, au cœur de l’Europe occidentale et à la croisée des chemins entre les cultures romanes et germaniques qui ont un accès direct au monde anglo-saxon. Des conquêtes romaines aux deux guerres mondiales, en passant par les invasions des Vikings, la Bataille des Éperons d’or, l’expansion bourguignonne et la révolte des Pays-Bas, les guerres de Louis XIV et de Napoléon : voilà 2000 ans d’histoire des conflits.

Pour mettre tout ceci en lumière, le War Heritage Institute – l’institution fédérale chargée du patrimoine militaire et de la Mémoire – a créé le réseau « Belgium, Battlefield of Europe ». https://belgiumbattlefield.be/fr/belgium-battlefield-europe